Débats à Paris Web 2010

logo Paris web 2010Paris Web 2010 s’est déroulé du 14 au 16 octobre et a rassemblé des centaines de professionnels du web : des développeurs, des intégrateurs, des web designers, et d’autres profils du web, du marketing à l’accessibilité.

Les sujets abordés étaient tantôt méthodologiques, techniques ou quasi philosophiques. D’après ce que j’ai pu voir, les conférences qui ont généré le plus de réactions du publics étaient celles de Francis Chouquet, CSS3/Photoshop : quel avenir pour le métier de web designer ? et d’Eric Daspet Le web, un métier de valeur.

J’ai eu l’impression qu’il y avait un certain malaise dans une industrie jeune et dynamique où beaucoup cherchent leur place.

Le designer et le code

Il y a le débat (j’ai envie de dire “vieux comme le monde” mais ça me paraît un peu prématuré) : le web designer doit-il savoir coder ? Les opinions divergent fortement :

  • Ne pas savoir coder peut brider la créativité car on ne comprend pas les possibilités liés à la technologie et on peut passer à côté de certaines choses.
  • Savoir coder peut aussi brider la créativité car on pense aux contraintes (ou “spécificités”) du web au lieu de donner libre cours à son imagination.

Pour moi, les deux arguments sont valides mais est-ce que ça ne dépend pas de l’individu, de sa sensibilité et de ses méthodes de travail ? Je trouve que c’est tant mieux s’il y a plusieurs approches et outils possibles à la création Web.

Dans des petites structures, les profils hybrides seront appréciés tandis que dans les grosses agences, on cherchera des personnes plus spécialisées. Ce n’est peut-être pas toujours vrai mais dans l’ensembe ça résume bien la situation.

Des experts en mal de reconnaissance

Lors de la conférence d’Eric Daspet sur la valeur des métiers du web, plusieurs membres du public ont parlé du problème de manque de reconnaissance de leur expertise. Dans beaucoup de leurs entreprises, le Web, c’est pour les stagiaires.

Les experts sont donc peu reconnus et leurs intitulés de postes reflètent ce problème, tout comme leurs minces salaires qui ne correspondent pas aux nombreuses compétences qu’on exige d’eux. Eric Daspet nous a parlé d’offres de stages non payés qu’il voit toujours passer et qui demandent des compétences solides dans des langages de programmation complexes et très spécifiques, ainsi que de nombreuses années d’expériences !

Des solutions ?

Certains proposent de s’accorder sur une nomenclature pour nos métiers. Je trouve dommage qu’on veuille à tout prix s’étiqueter comme dans d’autres industries. Ne peut-on pas tirer parti du légér flou qui règne quand on parle de “web designer” ? Chacun peut se façonner une casquette à sa taille en quelque sorte. D’autant plus que nos métiers évoluent tellement vite ; comment définir ce qui est en constante mutation ?

Selon Eric Daspet, les professionnels du Web ont tendance à se positionner en executants car ils disent trop souvent « oui » aux demandes déraisonnables des moins experts. C’est une piste.

Quelqu’un a évoqué l’artisanat pour parler de nos métiers. L’idée m’a plu instantanément. Quand on cherche une définition du mot “artisan” sur Google on trouve trois définitions dont deux qui me paraissent les plus pertinentes :

Celui ou celle qui exerce un métier mécanique ou manuel, qui suit les règles d’un art établi, par opposition aux métiers dits industriels où la production est fournie par des automates; Celui qui est l’auteur, l’origine de quelque chose.

C’est un travailleur manuel. Il travaille pour des particuliers. L’artisan travaille seul, en famille ou avec des compagnons.

On trouve ici l’idée d’un savoir-faire très humain, même s’il utilise la technologie. L’artisan est à la fois concepteur et executant : il est auteur de son oeuvre. L’autre notion qui me parait importante est que l’artisan travaille soit seul soit en groupe. Il peut donc être très polyvalent ou assez spécialisé, ce qui n’enlève rien à son savoir-faire.

Conclusion

En somme, ces débats confirment mes impressions à mon retour en France l’année dernière, après des années passées au Royaume Uni où les diplomes et les étiquettes ont une moindre importance : les métiers du Web et en particulier du Design Web sont peu valorisés notre pays. Les intitulés de postes sont nombreux et fourre-tout mais qu’importe, tout cela est en pleine mutation. Il y a un an j’avais l’impression que tout le monde ne jurait que par Flash ici, mais déjà j’entends un autre son de cloche. Je garde donc espoir pour l’avenir des Artisans du Web.

Exprimez vous!

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